Le goût social des grands crus
actu
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    12/11/2019

    Après la diagonale du vide, le couloir de la misère : la récente actualité a obligé l'élite économique et politique française à porter ses regards vers des zones qu'elle « ne saurait voir » — comme dit le Tartuffe de Molière. Avec l'instinct sûr de ceux qui sentent où ça souffre, Ixchel Delaporte, journaliste à L'Humanité, n'a pas attendu l'explosion sociale pour aller enquêter sur ce qu'une note de l'antenne d'Aquitaine de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a nommé le « couloir de la pauvreté ».

    De la pointe du Médoc à Agen, à l'ombre des grands châteaux bordelais, s'est installée une zone de « galère » dont on n'a pas idée lorsqu'on déambule à l'intérieur des murs étincelants comme du cristal de la Cité du vin de Bordeaux. À lire Les Raisins de la misère (1), on découvre que la question des inégalités a pris un tour inédit dans le Bordelais. « Les points les plus élevés de chômage et d'allocataires du RSA [revenu de solidarité active] se fondent avec nos meilleurs vignobles, notre plus beau terroir, et s'étendent sur un rayon d'une soixantaine de kilomètres à la ronde autour de ces îlots de richesse », observe l'auteure, accablée par ce dont elle rend compte. Il y a peu d'endroits en France où l'on observe un tel contraste dans la distribution des revenus et une telle polarisation sociale, sinon dans les beaux quartiers des grandes villes, où sont réapparus les domestiques (2). « La locomotive des grands crus est partie toute seule. Les autres sont restés sur le bord de la route » : M. Segundo Cimbron, le maire communiste de Saint-Yzans-de-Médoc, résume en deux phrases une réalité que les connaisseurs du vignoble observent depuis longtemps. En 2014, La Revue du vin de France expliquait déjà que l'opulence de châteaux tels que Margaux, Latour ou Lafite Rothschild, propriétés d'industriels et de puissants financiers, masquait une réalité sociale épouvantable.

    https://www.monde-diplomatique.fr/2019/01/LAPAQUE/59415

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    12/11/2019

    Vivant et travaillant fans ce secteur je confirme largement ces écrit même si je les trouve assez pessimistes !

    Nous œuvrons pour l'image et le rayonnement culturel de la France car notre terre est connue et notre travail estimé du monde entier ; seule sa pénibilité n'est pas reconnue voir occultée... et même aujourd'hui instrumentalisée par un lobbyisme écolo qui risque bien de transformer cette filière!

    Les disparités sociales et culturelles parfois sont abyssales sans un même village :oui:

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