Georges Ibrahim Abdallah, un prisonnier politique expiatoire
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    11/10/2019

    En 2014, le tribunal d'application des peines de Lannemezan (Hautes-Pyrénées) rejetait la neuvième demande de libération de Georges Ibrahim Abdallah. Ce Libanais, militant de la cause palestinienne, libérable depuis 1999, est l'un des plus vieux prisonniers politiques du monde. Le documentariste Pierre Carles prépare actuellement un film à son sujet : une souscription a été lancée afin de le soutenir.

    Il aura bientôt passé plus de temps en détention que M. Nelson Mandela. Il est, avec le Palestinien Karim Younes, le militant des Black Panthers Mumia Abu-Jamal ou l'Amérindien Leonard Peltier, l'un des plus vieux prisonniers politiques du monde. Et c'est en France — actuellement au centre pénitentiaire de Lannemezan, dans les Hautes-Pyrénées — qu'il croupit depuis vingt-sept ans. Arrêté le 24 octobre 1984, M. Georges Ibrahim Abdallah, né le 2 avril 1951 à Kobayat, dans le nord du Liban, y a été condamné en 1987 à la prison à vie.

    Malgré un réseau de soutien actif, qui ne cesse de manifester pour sa libération, le mur du silence médiatique restait difficile à briser. Il l'a été, aussi étonnant que cela puisse paraître, grâce à M. Yves Bonnet, préfet honoraire, ancien directeur de la direction de la surveillance du territoire (DST) (1), qui avait contribué à l'arrestation de M. Abdallah.
    Interrogé le 28 décembre 2011 par France 24, l'ex-patron du contre-espionnage français (entre 1982 et 1985) a fait une déclaration fracassante : « Cette injustice a assez duré ; elle a même dépassé les limites du raisonnable. Plus rien ne justifie son incarcération. Qu'on le mette dans un avion et qu'on le renvoie chez lui, au Liban, où les autorités sont disposées à l'accueillir. » Il a même reconnu son « malaise » après l'accord qu'il avait obtenu en 1985 : M. Abdallah devait être libéré et échangé contre M. Gilles Sidney Peyroles, conseiller culturel français à Tripoli, enlevé en mars de la même année au Liban par la Fraction armée révolutionnaire libanaise (FARL). « J'ai un problème de conscience avec cette affaire. La France a trahi la parole donnée, et on a voulu faire croire qu'à l'époque j'avais négocié tout seul. »

    https://www.monde-diplomatique.fr/2012/05/DA_SILVA/47661

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