Benyamin Netanyahou, le meilleur ami de l'extrême droite
actu
  • ... Voir le pseudo

    16/09/2019

    Les élections législatives du 17 septembre détermineront l'avenir politique immédiat du premier ministre israélien. Durant la campagne électorale, ce dernier a multiplié les mises en causes et les provocations à l'encontre de la minorité arabe de son pays. Un discours clivant qui fait écho à ses amitiés assumées avec des dirigeants étrangers d'extrême droite ou hostiles à la démocratie.

    Alors qu'il briguait un cinquième mandat, le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a reçu de dirigeants politiques des soutiens que nombre de démocrates auraient jugé embarrassants. Le président américain Donald Trump a ainsi apporté la principale et la plus médiatisée des marques de faveur en reconnaissant unilatéralement l'annexion par Israël du plateau du Golan, ce qu'aucun autre pays n'a fait. Autre événement largement relayé par la presse, la visite officielle du président brésilien d'extrême droite Jair Bolsonaro, qui a prolongé sa lune de miel avec M. Netanyahou en participant à six événements publics et en signant autant d'accords bilatéraux. Quant au président russe Vladimir Poutine, il a trouvé le temps de rencontrer M. Netanyahou à Moscou cinq jours avant les élections, sans motif apparent. Enfin, Mme Viorica Dăncilă, première ministre roumaine et actuelle présidente de l'Union européenne (UE), ne s'est pas rendue en Israël non plus, mais elle a fait savoir, alors qu'elle se trouvait à Washington, que son pays transférera son ambassade en Israël de Tel Aviv à Jérusalem.

    Ces dernières années, rendre visite à M. Netanyahou ou le recevoir dans sa propre capitale tiennent lieu de passages obligés pour tout dirigeant autoritaire digne de ce nom. L'Italien Matteo Salvini, vice-premier ministre d'extrême droite, s'est rendu en Israël. Tout comme M. Rodrigo Duterte, l'homme fort des Philippines, qui se félicite du nombre de morts qu'entraîne sa « guerre contre la drogue » et partage avec M. Netanyahou « la même passion pour les êtres humains ». De son côté, le premier ministre israélien s'est rendu au sultanat d'Oman pour s'entretenir avec le sultan Qabous Ben Saïd ainsi qu'en Azerbaïdjan, pour voir le président Ilham Aliyev. Tel Aviv soigne ses relations avec l'Égypte d'Abdel Fattah Al-Sissi ; les contacts officieux avec l'Arabie saoudite seraient fréquents. La venue à Jérusalem du « groupe de Visegrád », formé par la Pologne, la République tchèque, la Hongrie et la Slovaquie, devait couronner cette campagne internationale, censée redéfinir la place d'Israël dans le monde — et séduire l'électorat israélien. Ce projet a finalement échoué en février dernier lorsque des responsables israéliens, s'exprimant à titre non officiel, ont soulevé la question de l'antisémitisme des Polonais et de leur participation à l'Holocauste (1). Cette fausse note ne devrait cependant pas mettre à mal la stratégie de M. Netanyahou, tant le mariage de convenance entre Israël et les dirigeants autoritaires semble déjà bien consommé.

    https://www.monde-diplomatique.fr/2019/09/ALTERMAN/60420

Répondre