Les élites européennes, ces handicapées de (la compréhension de) l'inflation
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    10/09/2019

    Alors que Nathalie Loiseau déclarait le 7 septembre sur twitter que "l'euro nous a protégés de l'inflation depuis 20 ans", le rôle de l'inflation dans l'économie est remis en lumière. En dépit de la peur qu'elle inspire, l'inflation est non seulement utile mais souvent nécessaire.

    Atlantico : On disait la relation entre l'évolution du taux de chômage et l'évolution du taux de croissance des salaires, formalisée par la courbe de Philips, désuète. On voit cependant que cette relation réapparait aujourd'hui aux Etats-Unis, comment l'expliquez-vous ?

    Denis Ferrand : Cette relation n'a en fait jamais totalement disparu. On observe depuis quelques années déjà une progression assez régulière de l'emploi aux Etats-Unis avec des effets de diffusion sur les salaires dans l'économie. On savait notamment que beaucoup de métiers étaient déjà en tension, notamment dans l'informatique, et ces situations de pénurie de compétences étaient déjà propices à la progression salariale. Ce phénomène s'observait jusqu'à présent uniquement au niveau de quelques secteurs, sur des compétences particulières, et n'exerçait donc pas une pression généralisée à la hausse sur les salaires. Ce processus se diffuse plus généralement désormais dans l'ensemble de l'économie américaine aujourd'hui car le taux de chômage y est inférieur à 4% et le taux d'activité remonte également.

    Le problème relatif au nombre de personnes sorties du monde du travail car découragées de trouver un emploi a progressivement été évacué et ce nombre a fortement diminué. Si l'on regarde aujourd'hui les indicateurs les plus parlants concernant la tension sur le marché du travail, que sont le taux d'activité et le taux d'emploi, on se rend compte qu'une fois corrigés de l'évolution de la structure démographique américaine par âge, ceux-ci sont cohérents avec ce que l'on avait en 2007 au dernier point haut de la conjoncture américaine. Un point particulier demeure : la faiblesse du taux d'emploi des hommes de 25-54 ans qui est encore un peu bas, probablement un des résultats de la crise des opiacés qui sévit aux Etats-Unis. Mais au total, on a retrouvé un semblant d'équilibre sur le marché du travail avec les mêmes relations de salaire que l'on avait avant la crise de 2008 aux Etats-Unis. Il s'exerce de ce fait une relation assez mécanique entre le chômage et les salaires

    https://www.atlantico.fr/decryptage/3578821/les-elites-europeennes-ces-handicapees-de-la-comprehension-de-l-inflation-denis-ferrand

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