Assurance chômage : les reculs pervers de la réforme Macron
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23/06/2019

"Avec cette réforme, nous visons une baisse du nombre de chômeurs de 150.000 à 250.000 sur les trois ans à venir. Loin d'une approche comptable et d'une logique de rabot, cette transformation de l'assurance chômage nous permettra d'atteindre plus de 3,4 milliards d'économies de 2019 à 2021", a martelé, mardi 18 juin aux partenaires sociaux, le Premier ministre Edouard Philippe en présentant les nouvelles règles d'indemnisation drastiques que son gouvernement entend promulguer prochainement par décret. Un cynisme qui a déchaîné l'ire de tous les syndicats de salariés, à commencer par Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT. "Ce sera tout le contraire, cette réforme injuste, inique, pèsera sur l'activité", tonne l'ancien conseiller en insertion sociale. Et pour cause… "Il y a un chômeur sur deux qui est indemnisé. Avec la réforme du gouvernement, c'est un sur trois", complète Catherine Perret de la CGT. Quand le secrétaire général de Force ouvrière, Yves Veyrier, dénonce "un raisonnement consistant à faire le procès des salariés précaires qui seraient responsables de leur situation".

De fait, dans une France où 87% des embauches se font en CDD ou en intérim, cette ponction sur l'indemnisation des chômeurs va les replonger dans les terribles dilemmes qui les paralysaient avant la réforme de 2014. Explications.
Selon ces nouvelles règles applicables aux privés d'emplois inscrits à partir du 1er novembre 2019, il leur faudra en effet avoir travaillé six mois sur les 24 derniers mois pour être indemnisés (contre 4 sur 28 actuellement). Ce qui, selon les calculs de la CFDT, signifie que 240.000 privés d'emplois, principalement des jeunes et des précaires, n'entreront pas immédiatement en indemnisation (ce qui, au passage, reculera d'autant leur accumulation de droits pour la retraite). Ils devront donc survivre des aides sociales destinées à lutter contre la pauvreté, à savoir le RSA, 559 euros pour une personne seule, 839 euros pour un couple. Enfin, s'ils y ont droit car les moins de 25 ans sont censés, pour le percevoir, avoir exercé déjà deux ans une activité à temps plein sur les trois dernières années. Condition rarement remplie ! Et lorsqu'ils signent un engagement de Garantie jeune (492 euros par mois,) ils sont censés ne recevoir aucun autre soutien hors le logement. Mais lorsque l'on se débat dans cette pauvreté, on survit, et se concentrer sur sa recherche d'emploi est une gageure. Se loger, se soigner, se déplacer au quotidien pour pourvoir accepter un travail un peu plus loin sont autant de freins à la reprise d'activité, comme l'expérimentent au quotidien les conseillers de Pôle emploi, des missions locales qui s'échinent à les lever un par un. Un travail de Sisyphe, si dans le même temps le gouvernement ouvre grand la trappe à pauvreté. D'autant que ce n'est pas le seul recul pervers de cette réforme...

https://www.marianne.net/economie/nouvelle-reforme-assurance-chomage-2019-reculs

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23/06/2019

Exactement, c'est d'ailleurs pour cela que certains libéraux ont même proposé un revenu universel.

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