Venezuela : Comprendre la guerre qui vient : La stratégie d'agression
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26/06/2019

Pour comprendre comment s'articulera la stratégie de ces groupes armés, il nous faut revenir sur les guarimbas, du nom donné au Venezuela à ces épisodes insurrectionnels qu'a connus le pays au cours des dernières années. Dès le jour de l'élection de Nicolas Maduro, le 14 avril 2013, Henrique Capriles, mauvais perdant appela ses partisans à prendre les rues. Bilan : 11 morts, et 78 blessés (1). L'opposition réitérera sa volonté d'engager un bras de fer avec le pouvoir en réactivant les guarimbas en 2014 (43 morts, 608 blessés), et en 2017 (142 morts, 1934 blessés). La plupart des morts sont imputables aux émeutiers, lorsqu'ils refusèrent que les citoyens puissent franchir les barricades pour accéder aux centres de soin, ou bien en assassinant des personnes suspectées de chavisme, en les égorgeant, en les brûlant vifs, en les lynchant, ou en les tuant par balle (2). Les policiers et les militaires n'échappent pas à la folie meurtrière des participants aux guarimbas, 16 membres des forces de l'ordre ayant été assassinés en 2014 et 2017, et 102 ont été blessés par balle.

Si les guarimbas étaient une tentative de déstabilisation du gouvernement élu, il parait clair, aujourd'hui, qu'elles furent avant tout une répétition des stratégies militaires de morcellement du pays. Militants de l'opposition, délinquants, paramilitaires, tous les acteurs de cette armée de l'ombre, décrite précédemment, ont tous contribué aux guarimbas (3). Ils se sont ainsi forgé une expérience de combat en commun, et ont élaboré un récit politique de cette guérilla urbaine, mêlant héros et martyrs, en consolidant ainsi la cohésion symbolique de tous les participants (4). Dans certains quartiers contrôlés, une chasse aux sorcières était lancée pour les « purifier » des chavistes qui y résidaient (5). Au fil des années, les guarimbas se sont perfectionnées, et ont permis à leurs instigateurs de tenir compte des réactions et des mouvements de l'État dans la reconquête des territoires. Au niveau international, cela a permis de d'ancrer l'image d'un gouvernement oppresseur qui n'hésite pas à assassiner sa propre population. Ce récit imaginaire visait à annihiler les soutiens de la Révolution bolivarienne au sein des Peuples européens et nord-américains.

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