Claude El Khal : "L'islam, parlons-en"
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    20/05/2019

    Quand la guerre du Liban a commencé, j'avais 7 ans. La rupture qu'elle causa dans mon quotidien d'enfant fut si brutale qu'il ne me reste aujourd'hui presque plus de souvenirs d'avant. Les années qui ont suivies furent rythmées par les bombardements, la course aux abris, les francs-tireurs et les fils de voisins qui partaient se battre et ne revenaient plus, dont les photos en noir et blanc ornaient tous les murs du quartier. C'étaient des années de rage et de haine. Et l'enfant que j'étais ne pouvait y être indifférent, ne pouvait que tout absorber, jusqu'à s'y noyer.

    A l'âge de 9 ans, ma mère m'envoya à Paris chez mon père. Le fils qu'il a vu débarquer était un petit garçon qui détestait viscéralement les musulmans. C'était eux qui détruisaient le Liban, c'était eux qui massacraient les chrétiens, ils étaient l'ennemi barbare et sanguinaire, le mal absolu. Un tel discours ne pouvait que profondément contrarier mon père, humaniste et poète. Qu'a-t-il fait? M'a-t-il giflé, tancé, fait la morale, puni, privé de dessert? Non. Il m'a amené au cinéma. Il m'a amené voir deux films: "Le Cid" d'Anthony Mann et "Le Message" de Moustapha Akkad.

    https://claudeelkhal.blogspot.com/2019/05/lislam-parlons-en.html

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