Colombie. L'actualité de la mobilisation sociale
  • ... Voir le pseudo

    09/05/2019

    En plus de l'échec des promesses électorales et d'un programme politique sans orientation programmatique, la première année de la présidence d'Iván Duque [son mandat a commencé en août 2018] en Colombie présente un autre trait distinctif: l'essor notable des conflits sociaux. Si l'on ajoute à cela les multiples revendications des étudiants universitaires et de divers groupes du secteur agricole – en particulier les mobilisations durant les premiers mois de son mandat. Ces dernières semaines, les manifestations des «indigènes» sont devenues tangibles. Elles ont particulièrement touché le sud-ouest du pays et le département du Cauca notamment (sud-ouest du pays, capitale Popayán). Ce département compte parmi les plus pauvres du pays et est l'une des régions les plus oubliées de la Colombie, à la fois en raison de décennies de violence [affrontements entre l'armée et les forces de la guérilla] et du désinvestissement parallèle du gouvernement.

    Ainsi, comme cela s'est produit en d'autres occasions, la protestation sociale a débouché sur un conflit qui, sans aucune négociation, a été réprimé par les forces armées colombiennes, faisant plusieurs morts, en plus de la fermeture de la route panaméricaine et du manque d'approvisionnement pour des milliers de personnes. Cependant, loin d'entamer des négociations, la protestation civile a été criminalisée, comme il est d'usage en Colombie, et il n'a pas fallu longtemps pour que les voix gouvernementales, mais aussi de certaines instances du pouvoir judiciaire, comme le Bureau du Procureur général, affirment que des dissidents des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) – région où opéraient traditionnellement le 6e Front ou le 8e Front – ou certaines structures de l'Armée nationale de libération (ELN) manipulaient ce conflit social. Malgré l'accent mis par l'ONU sur la nécessité formaliser les progrès [suite aux accords de paix] et de rechercher des échanges coopératifs pour apaiser le malaise du Conseil régional indigène du Cauca, la vérité est que tout progrès dans le dialogue exigerait des engagements qui, en tout état de cause, affecteraient considérablement le programme politique qu'Ivan Duque a mené jusqu'ici.

    http://alencontre.org/ameriques/amelat/colombie/colombie-lactualite-de-la-mobilisation-sociale.html

Répondre